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14 décembre 2020
Association

SI TOUS LES PARFUMEURS DU MONDE…

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SI TOUS LES PARFUMEURS DU MONDE VOULAIENT BIEN SE DONNER LA MAIN

A l’origine, avec quelques autres, de la création de la Société Internationale des Parfumeurs-créateurs, Raymond Chaillan se souvient des conditions qui ont présidé à sa naissance et des objectifs et des missions qu’elle a, dès l’origine, choisi de poursuivre.

La parfumerie doit probablement à Raymond Chaillan quelques-unes de ses plus belles créations : Pour Homme Yves Saint LaurentGivenchy III, Anais Anais Cacharel ou Monsieur Carven. Elle lui doit également d’avoir cru avant tout le monde à la nécessité de créer une instance chargée « de définir, de protéger et de promouvoir le métier de parfumeur », et de s’être battu comme un lion pour concrétiser ce projet en dépit des doutes et des inerties de toutes sortes. L’idée avait germé au cours d’une conférence que le parfumeur donnait à la SFP le 27 septembre 2012 à l’occasion des 70 ans de la SFP. Raymond Chaillan y évoquait le défaut de reconnaissance et de considération dont souffrait le métier de parfumeur. « Les médecins, les avocats, les architectes, les artisans sont inscrits dans un Ordre ou une association qui leur confèrent une légitimité. Nous les parfumeurs ne sommes nulle part! », déplorait-il, mi-provoc mi-désabusé, devant son auditoire. Imaginer une institution qui porterait haut la voix du parfumeur s’impose à lui comme une évidence. D’autant qu’il sent bien que le contexte sociétal est favorable : jamais l’odorat, l’olfaction et le parfum n’ont suscité autant de curiosité, fait l’objet d’autant de débats et produit autant de livres, de revues, de conférences, de documentaires sans qu’il soit jamais dit quel rôle le parfumeur joue véritablement dans la concrétisation de ce rêve et quelle part il prend dans cette industrie qui génère plusieurs dizaines de milliards d’euros. Le moment était venu de clarifier une situation et de dissiper le flou artistique de certains mots savamment entretenu par quelques opportunistes déguisés en parfumeurs : « Nous étions agacés de voir tant d’individus s’autoproclamer parfumeurs sans jamais avoir suivi la moindre formation ni composé un seul parfum », se souvient Raymond Chaillan. Le parfumeur niçois pressent avec d’autres que l’association dont ils rêvent pourrait permettre aux parfumeurs professionnels de se compter et de parler d’une seule et même voix. 

Une communauté mondiale de parfumeurs

Avec l’appui des principales maisons de composition, des associations nationales de parfumeurs du monde entier et de quelques marques prestigieuses, les membres fondateurs Patricia de Nicolaï, Raymond Chaillan, Maurice Maurin, Maurice Roucel,  Jean Guichard, Olivier Cresp, Dominique Ropion, Christopher Sheldrake et Thierry Wasser (bientôt rejoints par Sylvie Jourdet et Patrick Saint-Yves, Président d’honneur de la SFP), ont finalement porté sur les fonds baptismaux la Société Internationale des Parfumeurs-Créateurs le 8 février 2016. Renonçant à l’idée initiale de créer un Ordre professionnel, établissement d’utilité publique chargé de faire respecter les règles d’éthique de la profession et de recevoir les réclamations éventuelles des consommateurs, ils lui préfèrent une association loi 1901 dont la mission sera de promouvoir le métier de parfumeur et de le remettre au centre du jeu. Unique institution à réunir exclusivement des parfumeurs-créateurs, par-delà leurs rivalités, quel que soit leur statut, le lieu d’exercice de leur profession et leur spécialité, la SIPC entend animer les échanges et la coopération entre eux. Elle œuvre aussi « pour la défense de la palette des matières premières utilisées pour l’élaboration des parfums » en faisant valoir son point sur les recommandations de Bruxelles concernant les substances autorisées ou interdites afin d’éviter d’appauvrir l’expression du parfumeur. Autre mission méconnue : fournir son expertise à l’occasion de certains arbitrages organisés par les tribunaux ou les organisations internationales. Soucieuse d’assurer l’avenir du métier par la transmission du savoir parfumistique, « l’association apporte enfin son aide à l’élaboration de nouvelles pédagogies dans l’enseignement dispensé aux futurs parfumeurs ». La plupart des engagements de l’association sont dictés par un souci de protéger la création et pas seulement le créateur, bannissant toute tentation de  corporatisme. Au fond, la SIPC aimerait obtenir la reconnaissance de la création de parfum comme “œuvre de l’esprit” (et pas comme la simple mise en œuvre d’un savoir-faire) et “l’intelligence du nez” comme un métier d’art à part entière. Voici le parfumeur, quel qu’il soit, débutant ou chevronné, célèbre ou inconnu, désormais représenté par une association dont la légitimité s’est établie bien au-delà des frontières de la France sous la présidence de Calice Becker : la SIPC représente à ce jour pas moins de 300 parfumeurs dans le monde entier. Soucieuse de porter une vision singulière de la parfumerie, cette association ambitionnait de devenir une voix singulière dans l’industrie, à côté de celles de la Société Française des Parfumeurs, de l’Osmothèque, de la Fragrance Fondation.

Ce moment est sans doute venu.   

 

 

 

 




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